Crème Solaire : ce qu'il faut vraiment regarder
SPF, filtres minéraux ou chimiques, mention “nano”… pas toujours facile de s’y retrouver. Notre pharmacien Frédéric Clavel vous donne les clés pour ne plus se tromper.
Opter pour un indice de protection suffisant (SPF)
L'indice de protection solaire, ou SPF (Sun Protection Factor) est un nombre qui indique le niveau de protection d'une crème solaire contre les rayons ultraviolets B (UVB) responsables des coups de soleil et des dommages à long terme de la peau. Par exemple : un SPF 15 filtrent environ 93 % des UVB, un SPF 30 environ 97 % et un SPF 50 environ 98 %. La différence peut sembler faible, mais elle est importante : avec un SPF 6, la peau reçoit encore près de 17 % des UVB.
Contrairement aux idées reçues, on bronze même avec un indice élevé. Inutile d’attendre les fortes chaleurs pour se protéger : la crème solaire reste l’un des meilleurs alliés anti-rides. Et au soleil, rien ne remplace le chapeau et le T-shirt.
Comprendre les filtres minéraux ?
Comme l’oxyde de zinc ou le dioxyde de titane, ils réfléchissent et diffusent les rayons UV à la surface de la peau, formant une barrière protectrice. Bien tolérés, ils restent principalement à la surface de l’épiderme et sont considérés comme sûrs lorsqu’ils sont utilisés dans les conditions recommandées, notamment sur peau intacte.
Pour limiter l’effet blanchissant, certains produits utilisent ces filtres sous forme de nanoparticules. Elles sont autorisées dans les cosmétiques européens, mais font l’objet d’une surveillance particulière et sont interdites dans les produits susceptibles d’être inhalés, comme certains sprays. Leur présence est signalée dans la liste des ingrédients par la mention [nano], ce qui permet de les repérer facilement si l’on souhaite les éviter.
Faut-il craindre les filtres chimiques ?
Ils absorbent l’énergie des UV et la transforment en chaleur, empêchant les rayons d’endommager les cellules cutanées. Ils permettent généralement d’obtenir des textures plus légères et transparentes et une protection UVA plus large. Certains filtres ont toutefois suscité des questions scientifiques, notamment sur leur activité hormonale dans des études expérimentales in vitro ou animales. À ce jour, seuls les filtres UV évalués et jugés sûrs par le comité scientifique européen sont autorisés en Europe.
Soleil, peau… et environnement
Les filtres minéraux sont souvent perçus comme moins nocifs pour les milieux marins. Les formulations sans nanoparticules sont généralement privilégiées, car les particules très fines se dispersent plus facilement dans l’eau. Toutefois, les données restent limitées et leur innocuité, y compris sous forme non nano, n’est pas totalement démontrée.
Certaines substances présentes dans des filtres chimiques ont suscité des interrogations concernant leur impact sur les coraux et certains organismes marins, notamment l’oxybenzone, l’octinoxate ou l’octocrylène, observés dans certaines études expérimentales.
Une crème résistante à l’eau adhère mieux à la peau et se rince moins vite lors de la baignade.
Privilégier des formules simples
Certaines peaux réagissent plus facilement aux composants des crèmes solaires. Il peut être utile de privilégier des formules :
• sans alcool si la peau est sèche ou réactive ;
• testées dermatologiquement ou formulées pour les peaux sensibles.
Une formule simple et bien tolérée reste souvent le meilleur choix, même si la longueur de la liste d’ingrédients ne suffit pas à juger de la qualité d’un produit.