IMMUNITÉ

Vos questions sur les vaccins Publié le 15 mars 2018

Vos questions sur les vaccins

Depuis le 1er janvier, huit nouveaux vaccins jusque-là recommandés deviennent obligatoires pour les bébés de moins de deux ans. Ils viennent compléter les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Votre pharmacien evolupharm répond à vos questions

Avec le concours de Xavier Soulié
Avec le concours de Xavier Soulié

Pharmacien EvoluPharm à Nogentsur- Vernisson (45)


Les effets secondaires des vaccins ne sontils pas sous-estimés ?

Plusieurs centaines de millions de personnes sont vaccinées chaque année en France et dans le monde. Les réactions vaccinales sont dans la très grande majorité mineures et transitoires, par exemple une douleur au point de piqûre ou une fièvre légère. Les effets secondaires graves sont extrêmement rares et font l’objet d’un suivi approfondi. Le risque de développer une maladie grave en refusant le vaccin est beaucoup plus grand que celui de voir apparaître un effet indésirable lié à la vaccination. Ce qui est souvent sous-estimé, en revanche, c’est l’utilité des vaccins. Avant la généralisation de la vaccination, dans la deuxième partie du XXe siècle, on comptait par exemple 3 000 décès par diphtérie ou encore 200 décès d’enfants par poliomyélite chaque année en France.

La plupart de ces maladies ont aujourd’hui quasiment disparu, est-il vraiment encore utile de se faire vacciner ?

Si les maladies évitables par la vaccination sont devenues plus rares en France, les agents infectieux qui en sont responsables continuent à circuler dans certaines parties du globe. Dans un monde ouvert, ces agents peuvent passer les frontières et infecter toute personne qui n’est pas protégée. C’est le cas, par exemple, avec les épidémies de rougeole en Europe occidentale. Entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés en France. Près de 1 500 cas ont présenté une pneumopathie grave, 34 une complication neurologique et dix ont entraîné le décès. Le risque de vagues épidémiques périodiques persistera tant que la couverture vaccinale à 2 ans n’atteindra pas le niveau de 95 %.

Dans certains cas comme la rubéole ou les oreillons, n’est-il pas mieux de s’immuniser par la maladie que par les vaccins ?

Contrairement à ce que l’on pense, les maladies telles que la rougeole, les oreillons et la rubéole peuvent entraîner de sérieuses complications à la fois chez les enfants et chez les adultes, comme la pneumonie, l’encéphalite, la cécité, etc. Ces maladies contagieuses sont, en outre, particulièrement dangereuses pour les enfants et les personnes les plus fragiles. Si une femme est infectée par la rubéole en début de grossesse, le foetus peut être atteint d’un syndrome de rubéole congénitale pouvant conduire, notamment, à une surdité ou des séquelles cardiaques et neurologiques. Se faire vacciner, c’est donc aussi protéger en partie les personnes qui ne peuvent pas l’être pour des raisons médicales (allergie, maladie, etc.) ou physiologiques (jeune âge, grossesse).

Le vaccin combiné contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche ainsi que le vaccin contre la poliomyélite ont été reliés à des cas de syndrome de mort subite du nourrisson.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a formellement démenti l’existence d’un lien de cause à effet entre l’administration de ces vaccins et la mort subite du nourrisson. Il s’agit d’une coïncidence car ces vaccins sont administrés à un âge où les bébés peuvent être victimes de ce syndrome. En revanche il est établi avec certitude que ces quatre maladies sont potentiellement mortelles et que les nourrissons non vaccinés courent un risque de décès ou d’incapacité grave.

En multipliant les vaccins en une seule prise, ne risque-t-on pas de favoriser la survenue d’effets secondaires néfastes et de déborder le système immunitaire de bébé ?

Les données scientifiques montrent que l’administration concomitante de plusieurs vaccins n’a pas d’incidence néfaste sur les défenses de l’enfant. N’oublions pas que les petits sont exposés quotidiennement à plusieurs centaines de substances exogènes qui déclenchent une réponse immunitaire. Une simple affection de la gorge exposera l’enfant à un nombre d’antigènes beaucoup plus important que les vaccins. En regroupant les vaccins, on limite le nombre de consultations ; cela signifie moins d’injections et les enfants ont plus de chances de recevoir les vaccinations recommandées à temps.

Combien faudra-t-il d’injections ?

En pratique, l’extension à 11 vaccins obligatoires représente dix injections pour les enfants, étalées sur deux ans. Au moins 70 % des enfants connaissent déjà ces dix injections sur deux ans et 80 % plus de huit injections.

 

Pour en savoir plus ...

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Les vaccins pour les nuls
Éd. First.

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