Cancer

Des chiens pour dépister le cancer Publié le 2 juillet 2018

Des chiens pour dépister le cancer

Les chiens ont un odorat exceptionnel : grâce aux 200 millions de cellules olfactives présentes sur leur truffe, ils sont capables de détecter un spectre d’odeurs très précis dans des quantités infimes de matière. Alors pourquoi pas celle du cancer ?


Les tumeurs cancéreuses ont-elles une odeur, et si oui, comment la discerner ? Taraudée par cette question, Isabelle Fromantin, infirmière- chercheuse de l’Institut Curie, a un jour une intuition. Les tumeurs génèrent des odeurs indétectables pour l’homme, mais qu’en est-il pour un chien préalablement dressé à les détecter ? Le projet KDOG vient de voir le jour.

Un dépistage accessible à toutes

Actuellement, la mammographie est l’examen usuel pour diagnostiquer le cancer du sein. L’objectif de KDOG est de permettre un dépistage précoce de ce cancer grâce à une méthode peu coûteuse, fiable et non contraignante. Ce mode de détection s’adresse aux personnes n’ayant pas accès à la mammographie, notamment dans les pays émergents et où la prise en charge est souvent trop tardive faute d’outils diagnostiques. KDOG peut également être utile aux femmes ne voulant pas se soumettre à la mammographie.

Une lingette pour détecter le cancer du sein

Pour l’étude préliminaire menée par Isabelle Fromantin et son équipe, 130 patientes volontaires ont été recrutées, certaines atteintes d’un cancer et d’autres non. Après une douche, ces patientes ont gardé une lingette sur leurs seins le temps d’une nuit. Les échantillons ont ensuite été expédiés dans des pots au centre de formation canin pour servir à l’entraînement des chiens. Thor et Nykios, deux bergers malinois, ont spécialement été dressés par un expert cynophile pour repérer l’odeur des cellules cancéreuses. Après six mois de travail, ils obtiennent 100 % de réussite, distinguant sans erreur les échantillons sains de ceux porteurs de marqueurs tumoraux.

Des résultats encourageants

Une étude clinique sur un panel beaucoup plus large de patientes est maintenant nécessaire pour valider et concrétiser le projet KDOG. La première phase comptera 270 femmes et, si le taux de réussite est supérieur ou égal à 80 %, l’étude sera poursuivie pour atteindre 1 000 patientes. Milou, un springer anglais, a rejoint l’équipe avec un dresseur différent afin de démontrer que le protocole KDOG est indépendant de la race du chien ou de la personnalité du maître. L’objectif est de mesurer la performance du protocole versus la mammographie et de savoir s’il permettrait un diagnostic transcutané du cancer précoce et non invasif. Par la suite, ce mode de dépistage pourrait être étendu à tous les types de cancer, notamment au cancer de l’ovaire, pour lequel il n’existe pas de moyen de diagnostic précoce et non invasif.

LE PRIX RUBAN ROSE

En 2017, l’association « Le Cancer du Sein, Parlons-en ! » a décerné le prix Ruban Rose « Qualité de Vie » à Isabelle Fromantin. Une récompense pour sa carrière entièrement consacrée aux autres et à la promotion de la recherche en soins infirmiers.

 

Pour en savoir plus ...

la verite sur vos medicaments

Blouse blanche et poils de chiens — Comment j’ai découvert l’odeur du cancer
I. Fromantin et S. Kollender

éd. La Martinière