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Future maman, une assiette sans polluants ? Publié le 17 février 2017

Future maman, une assiette sans polluants ?

Résidus de pesticides, dioxines, PCB : nombres de toxiques s’invitent dans nos assiettes. Quel impact sur le développement du foetus et comment s’en prémunir ?

Dr Cocaul
Dr Cocaul

médecin nutritionniste, praticien attaché à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris

Dr Chevallier
Dr Chevallier

médecin nutritionniste, praticien attaché au CHRU de Montpellier


S’il y a un seul moment de sa vie où une femme doit manger bio, c’est bien quand elle est enceinte.

Durant la grossesse, l’alimentation de la mère commande le futur capital santé du bébé selon le Dr Cocaul ; “or les polluants que l’on retrouve dans nombre de produits alimentaires sont particulièrement néfastes durant la gestation, car beaucoup d’entre eux sont lipophiles et viennent s’accumuler dans le tissu adipeux que la mère fabrique pour assurer le développement du foetus. Les toxiques vont aussi se retrouver dans le lait humain et le liquide amniotique”.

LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS EN LIGNE DE MIRE

En 2006, une analyse du sang du cordon ombilical menée par des équipes américaines avait ainsi montré la présence de 250 substances chimiques dès la naissance. Dans la ligne de mire de nombreux scientifiques, les fameux perturbateurs endocriniens qui altèrent le fonctionnement des organes secrétant les hormones : thyroïde, ovaires, testicules, hypophyse. “Il en découle un certain nombre de conséquences potentielles pour l’organisme, explique le Dr Cocaul, et notamment : un risque accru de malformation des organes reproducteurs, de perturbation du fonctionnement de la thyroïde ou du développement du système nerveux. On soupçonne aussi une influence des toxiques dans le développement de maladies neurodégénérat i ves comme l’autisme, la sclérose en plaques, mais aussi la maladie de Parkinson.

Comment détoxifier son assiette ?

On opte pour le bio

Une récente étude de l’Institut norvégien de santé publique conduite auprès de 30 000 femmes enceintes a révélé que les futures mères qui consommaient “quelquefois”, “souvent” ou “principalement” des produits issus de l’agriculture biologiques avaient moins de risques de donner naissance à un enfant atteint d’une malformation congénitale. Pour le Dr Chevallier, “s’il y a un seul moment de sa vie où une femme doit manger bio, c’est bien quand elle est enceinte”. Le médecin recommande d’acheter a minima “les pommes, les poires, les raisins, la plupart des légumes, les produits laitiers et les oeufs issus de la filière biologique”.

On sélectionne ses poissons

Les poissons, essentiellement les poissons gras comme le saumon, la sardine, le maquereau, contiennent des oméga 3 à chaîne longue, indispensables au développement du cerveau. Reste qu’ils sont exposés à nombre de polluants, à commencer par les variétés les plus grasses. C’est pourquoi les autorités de santé recommandent désormais de limiter leur consommation à deux portions hebdomadaires, dont une seule de poisson gras en variant les espèces et les lieux d’approvisionnement. Enceintes, évitez les poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, carpe) et les poissons prédateurs sauvages (lotte, bar, flétan, brochet, dorade, raie, thon).

On évite les produits transformés

L’impact de nombreux additifs présents dans les aliments industriels sous forme, de conservateurs, de liants, d’émulsifiants, de colorants, de gélifiants… sont insuffisamment étudiés chez la femme enceinte”, selon le Dr Chevallier qui encourage les futures mamans à privilégier des produits bruts non transformés ou alors à opter en cas de fringales pour des produits basiques avec un nombre limité d’ingrédients (galettes au beurre, chocolat noir, yaourt nature).

On fait attention à son mode de cuisson

La plupart des foyers sont équipés d’un four à micro-ondes. Cependant l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que dépasser la puissance et/ou la durée de cuisson indiquée sur les emballages alimentaires risque d’entraîner la migration de substances chimiques du contenant vers le contenu. “Mieux vaut réchauffer ses aliments entre deux assiettes ou plats en verres”, recommande le Dr Chevallier qui invite à limiter au maximum les emballages plastiques, les boîtes de conserve et préconise d’utiliser des casseroles en inox.